Catherine 9 novembre 2018

La classe politique parraine des mots en danger d’extinction à l’initiative de l’Ecole des écrivains

José Luis Rodríguez Zapatero et Mariano Rajoy sont quelques-uns des politiciens qui ont participé à l’initiative Sponsor a Word, organisée par l’école des écrivains pour sauver les mots de l’oubli en langue espagnole. Chacun d’entre eux a choisi un terme qui, à leur avis, court le risque d’extinction en raison de sa faible utilisation. Le Premier ministre a opté pour l' »andancio » et le chef de l’opposition a choisi les « avatars ».

L’initiative, qui vise à attirer l’attention sur l’appauvrissement linguistique, ne se limite pas à la classe politique. Tout internaute qui s’inscrit sur www.escueladeescritores.com peut parrainer le sien. Outre les hommes politiques, des écrivains et des journalistes y ont déjà participé. Le samedi 21 avril est la date limite pour les suggestions. Deux jours plus tard, à l’occasion de la Journée internationale du livre, le résultat de cette campagne sera annoncé : en dix jours, les organisateurs ont déjà collecté plus de quatre mille termes dans 42 pays, selon l’Ecole des écrivains.

Andancio, comme l’explique Zapatero lui-même, est un terme utilisé dans son pays natal, León, qui désigne une « épidémie légère ». Le président a rappelé que le mot « a été inclus dans le dictionnaire du RAE en 1952 ». Sa signification n’a pas changé, mais alors, dit Zapatero, « il a été précisé que cette utilisation était limitée à León, Cuba et Salamanque. Le directeur général a opté pour ce mot en désuétude parce qu’il est « Leonese » et apparaît dans des romans comme Volvoreta, de Wenceslao Fernández Flórez, ou Retratos de ambigú, de Juan Pedro Aparicio.

Bisoñé,anteojo et mendrugo

Mariano Rajoy, quant à lui, croit que les avatars (phase, changement ou vicissitude) « tombent en désuétude », et il aime « leur sonorité ». Le président du Congrès, Manuel Marín, a apporté le mot chaîne, car « phonétiquement c’est très beau » et parce que « cela donne une sensation de durabilité, de résistance : une chaîne bien faite dure longtemps », dit-il. José Blanco, secrétaire d’organisation du PSOE, a choisi le bisoñé en alléguant que « c’est le passé pur », et aussi parce que « c’est un hommage aux apparences, toujours si présentes », explique-t-il. « De plus, précise-t-il, c’est un mot qui possède un ñ très espagnol, symbole d’une langue chargée d’un avenir qui se dégage d’un mot emprisonné dans le passé « .

Le porte-parole du Parti-politique au Congrès, Eduardo Zaplana, a choisi anteojo, pour « sa signification précise. Cela m’amuse bien plus que des lunettes, explique-t-il. Alors que le porte-parole du PSOE, Diego López Garrido, sauve mendrugo, « une insulte de faible intensité. Le coordinateur général de l’IU, Gaspar Llamazares, propose des colonials, dont le singulier, colonial, est synonyme d’outremer, parce qu’il éprouve de la nostalgie pour ses proches. « En théorie, ils ont commencé à venir d’Amérique pour devenir le magasin indispensable du quartier « , explique-t-il.

Josep Antonio Durán i Lleida, porte-parole de CiU, s’est joint à cette initiative avec deux mots, l’un en espagnol, patch, et un autre en catalan, fossar (synonyme de cimetière). Ces mots parrainés par des politiciens s’ajoutent aux 3 780 mots fournis par les internautes et les parrains d’honneur, tels que la ministre de la Culture, Carmen Calvo, qui choisit « pundonor », ou par Enrique Vila-Matas, Juan Marsé, Mercedes Abad, Alex Grijelmo, Cristina Peri Rossi ou Lorenzo Silva, entre autres, et dont on trouve les termes à www.escueladeescritores.com/apadrina-una-palabra.

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