Catherine 9 novembre 2018

Après la première de la quatrième saison, nous classons les 19 épisodes de la série anthologique

Il n’y a pas d’autre série comme Black Mirror à la télévision. Nous le savons depuis que cette anthologie de science-fiction sur la technologie et la communication au XXIe siècle a atterri en 2011 sur la chaîne britannique Channel 4 et que la création de Charlie Brooker, provocateur et direct, est rapidement devenue un phénomène. En 2016, il a fait son saut international grâce à la plate-forme numérique Netflix, qui a produit six nouveaux chapitres, ce qui constitue sa troisième saison. La quatrième est survenue alors que 2017 était sur le point de se dire au revoir, avec six autres épisodes indépendants et très différents les uns des autres (que vous avez déjà pu marquer). De cette façon, la série compte maintenant 19 épisodes, que nous classons ensuite du pire au meilleur (en gardant toujours à l’esprit que même le pire est meilleur que la plupart des fictions télévisées actuelles). Bien sûr, bien qu’il ne soit pas nécessaire de s’en souvenir, la liste est subjective et ouverte à toute discussion.

19 – Tête métallique

(4×05 Adresse : David Slade ; Script : Charlie Brooker)

Est-ce le pire épisode de l’histoire de la série ? C’est ce que nous pensons, et bien qu’il ait ses partisans, rien de ce qu’il nous dit ne nous intéresse et ne nous accroche. C’est le chapitre avec lequel vous voulez faire autre chose, où vous ne finissez jamais de vous connecter avec le vol de son protagoniste et où il importe peu que les machines le poursuivent. David Slade, directeur visuel d’Hannibal, dieux américains et réalisateur du film Hard Candy, donne tout et on sent son style à travers tous les pores, mais le problème est qu’il réalise une histoire sans rien à raconter. Et nous aimons le noir et blanc….

18 – La science du meurtre

(3×05 Adresse : Jakob Verbruggen ; Script : Charlie Brooker)

La science du meurtre essaie d’être un grand épisode de Black Mirror, presque une superproduction de guerre, mais elle se perd dans une torsion inattendue et un message qui est clair presque dès le premier instant. Comme dans beaucoup d’épisodes de la saison trois, il vous reste quelques minutes. Si cela ne suffisait pas, son protagoniste ne nous transmet rien.

17 – La haine nationale

(3×06 Adresse : James Hawes ; Script : Charlie Brooker)

C’est le dernier chapitre de la troisième saison, un épisode de 90 minutes posé comme un thriller de suspense dans lequel des gens qui ont été soumis à la colère des réseaux sociaux meurent dans des circonstances étranges. Bien que la prémisse et la réflexion de fond soient intéressantes, le chapitre a quelques minutes à perdre et ne parvient pas à s’engager comme il se doit.

16 – Le moment Waldo

(2×03 Adresse : Bryan Higgins ; scénario : Charlie Brooker et Chris Morris)

Le Moment Waldo a un point de vue intéressant qui, en outre, avec l’arrivée du candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, a gagné des points dans la véracité. En tant qu’épisode, cependant, il n’est pas mémorable. Son idée principale n’est pas développée comme quelque chose de très crédible, son personnage n’est pas très drôle non plus et son protagoniste est difficile à comprendre.

15 – Ours blanc

(2×02 Adresse : Carl Tibbetts ; Script : Charlie Brooker)

Une femme se réveille sans se rappeler qui elle est. Elle ne sait pas où elle est ni pourquoi tous ces gens l’enregistrent sur leur téléphone portable. Elle ne sait pas pourquoi ces gens déguisés la poursuivent. Ce qu’il sait, c’est qu’il devra aller à White Bear, un endroit censé être sûr. En fin de compte, comme c’est souvent le cas dans les chapitres du Black Mirror, les choses ne sont pas ce qu’elles semblaient être et une torsion vous force à repenser toute l’histoire. Un chapitre agité de la deuxième saison de la série, avec un rythme effréné, mais en dessous de la moyenne.

14 – San Junípero

(3×04 Adresse : Owen Harris ; Scénario : Charlie Brooker)

San Junípero est peut-être le chapitre le plus heureux de l’histoire de Black Mirror, une histoire d’amour pur avec quelques gouttes de science-fiction, de nostalgie et de vieillissement sous les projecteurs. Mais, bien qu’il ait ses adeptes (principalement grâce à ce couple charismatique formé par Mackenzie Davis et Gugu Mbatha-Raw) et qu’il ait même remporté un Emmy du meilleur film de télévision, il a le goût d’un épisode transcendant de la série. Peut-être qu’on a juste un coeur gelé.

13 – USS Callister

(4×01 Adresse : Toby Haynes ; Scénario : Charlie Brooker et William Bridges)

Pour certains, l’un des meilleurs chapitres de la quatrième saison de la série (pas pour nous) est cette histoire de science-fiction vintage qui sert d’hommage et/ou de parodie de Star Trek. Un homme fatigué de la constante ninguéo dans le travail est le maître et seigneur dans un jeu dans lequel il est le capitaine d’un navire dans lequel les membres d’équipage qui doivent obéir à ses ordres sont ses collègues de travail. Une bonne idée qui reste un simple divertimento loin de l’obscurité et de la profondeur des autres chapitres de la série. Et, bien qu’il envoie des messages très importants sur les abus de pouvoir et le machisme, il est alourdi par son temps (une heure et quart), l’une des erreurs du passage à Netflix.

12 – Test de jeu

(3×02 Adresse : Dan Trachtenberg ; Script : Charlie Brooker)

Au cours de la troisième saison, un jeune Américain, à la recherche de nouvelles expériences à Londres et à la recherche d’argent, accepte de participer comme cobaye à un nouveau système révolutionnaire de jeux virtuels qui fonctionne grâce à un implant dans le cerveau. Ce qui commence comme un jeu innocent finit par vous déplacer dans une maison où vos pires craintes seront reproduites. Une histoire troublante qui profite de la terreur psychologique, avec quelques frayeurs en plus.

11 – Noël blanc

(Spécial Noël. Adresse : Carl Tibbetts ; Scénario : Charlie Brooker)

Trois histoires en une pour un chapitre de 90 minutes mettant en vedette Jon Hamm. Il commence par l’histoire d’un homme qui se tourne à distance vers l’aide d’un conseiller aimant pour essayer d’avoir plus de succès dans ses conquêtes. Il continue de montrer un monde dans lequel les gens peuvent avoir un clone qui fait les tâches pour lesquelles on leur a ordonné de le faire. Et il finit par partir de l’hypothèse que l’option de bloquer les autres, comme dans les réseaux sociaux, pourrait être transférée aux relations physiques. Des idées intéressantes qui, avec la brièveté avec laquelle elles sont proposées, ne se développent pas pleinement mais parviennent à l’unité et à l’agitation.

10 – Plongez dans une plongée

(3×01 Adresse : Joe Wright ; Script : Charlie Brooker, Mike Schur et Rashida Jones)

Nosedive est apparemment un épisode très futuriste, avec beaucoup de technologie en jeu, mais son message ne pourrait être plus actuel. Le chapitre -qui suinte une certaine bonne touche rollista des scénaristes Mike Schur (Parks and Recreation, The Good Place) et Rashida Jones- est vraiment terrifiant, mais pas parce qu’il y a des peurs ou des monstres, mais parce que nous nous reconnaissons en lui. Il est très présent. Le réalisateur Joe Wright donne également un certain air cinématographique à une proposition dans laquelle l’adorable Bryce Dallas Howard – que nous aimons détester – se sent comme un poisson dans l’eau. C’est peut-être encore trop long.

9 – Crocodile

(4×03 Adresse : John Hillcoat ; Script : Charlie Brooker)

Un secret qui ne doit en aucun cas être révélé est le point de départ d’une histoire dans laquelle une femme prend de terribles décisions en chaîne alors qu’un employé d’une compagnie d’assurance enquête sur un accident en fouillant dans la mémoire des témoins grâce à une technologie futuriste. Une descente aux enfers qui contraste avec le froid glacial des paysages islandais (d’où son aspect de drame criminel scandinave) dans lequel ce chapitre remarquable de la quatrième saison a été tourné.

8 – Tais-toi et danse

(3×03 Adresse : James Watkins ; Script : Charlie Brooker et William Bridges)

Un jeu macabre et un secret caché. Tais-toi et danse est probablement le chapitre de science-fiction le plus sombre et le moins sombre depuis l’hymne national. Une histoire accablante de terreur psychologique, un voyage effrayant qui ne pourrait jamais avoir une fin heureuse. Voir Jérôme Flynn dans un rôle si différent de celui de Bronn of Throne Play ajoute aussi à sa faveur.

7 – Musée des Noirs

(4×06 Adresse : Colm McCarthy ; Scénario : Charlie Brooker)

Une anthologie dans une anthologie. Tout comme l’épisode de Noël, le Black Museum compile une série de nouvelles (dont l’une est tirée d’une idée du magicien Penn Jillette à Brooker) qui aboutissent à une conclusion macabre. Ils ne fonctionnent pas tous, mais ils sont assez intéressants pour apporter un récit différent à l’épisode déjà typique de Black Mirror, parsemé de toutes sortes de détails de la mythologie de la marque Brooker, des objets iconiques à la musique. Et Letitia Wright est en passe de devenir une star.

Jodie Foster réalise cet épisode dans lequel une mère peut satisfaire son obsession pour le contrôle et la protection de sa fille grâce à un dispositif implanté chez la fille qui lui permet d’être localisée, de la protéger des visions qui peuvent la déranger et même de voir ce qu’elle voit. Le résultat est l’un des meilleurs épisodes de la quatrième saison, tourné en film indépendant, qui porte à l’extrême la surprotection des enfants.

6 – Arkangel

(4×02 Adresse : Jodie Foster ; Script : Charlie Brooker)

Jodie Foster réalise cet épisode dans lequel une mère peut satisfaire son obsession pour le contrôle et la protection de sa fille grâce à un dispositif implanté chez la fille qui lui permet d’être localisée, de la protéger des visions qui peuvent la déranger et même de voir ce qu’elle voit. Le résultat est l’un des meilleurs épisodes de la quatrième saison, tourné en film indépendant, qui porte à l’extrême la surprotection des enfants.

5 – 15 millions de mérites

(1×02 Adresse : Euros Lyn ; Script : Charlie Brooker et Konnie Huq)

Dans ce monde alternatif, le but ultime des gens est de participer à une émission de télévision comme Factor X pour essayer de sortir de la situation d’esclave dans laquelle ils vivent au jour le jour, pédaler tout le temps et vivre à travers un avatar virtuel. Cet épisode de la première saison met le feu sur plusieurs flancs, comme la télébasura ou une société aliénée poussée à l’extrême qui peut facilement être extrapolée à la réalité actuelle. Un monde futur mais très présent.

4 – Toute votre histoire

(1×03 Adresse : Brian Welsh ; Scénario : Jesse Armstrong)

Une micropuce dans notre esprit enregistre tous nos souvenirs pour que nous les répétions encore et encore. Un concept original et simple qui devient un cauchemar d’infidélités, de jalousie et un mariage sur le point d’exploser. Comme dans les meilleurs épisodes, l’appareil finit par n’être qu’une excuse pour parler de ces personnages imparfaits et brisés.

3 – Accrocher le DJ

(4×04 Adresse : Timothy Van Patten ; Script : Charlie Brooker)

Beaucoup ont catalogué cette allégorie de citations de Tinder comme la quatrième saison de San Junípero, pour son optimisme et son message romantique, mais pour nous elle surpasse son prédécesseur. Tout marche comme sur des roulettes. On se sent identifié à son histoire, le charisme de son couple protagoniste (Joe Cole et Georgina Campbell) fonctionne et même cette fin onirique et surprenante est satisfaisante. Brooker est devenu le meilleur pour écrire des épisodes pas si dystopiques.

2 – L’hymne national

(1×01 Adresse : Otto Bathurst ; Script : Charlie Brooker)

C’est avec ce chapitre que nous avons découvert Black Mirror, l’épisode désormais mythique dans lequel le Premier ministre du Royaume-Uni doit prendre une décision contre la montre : pour que les ravisseurs libèrent la princesse Susannah, il devra avoir des relations sexuelles avec un porc pendant que tout le pays regarde l’acte à la télévision. Les réseaux sociaux et la pression des médias, instantanés et en temps réel, rendent la situation rapidement incontrôlable. Un chapitre puissant qui frappe le spectateur et qui a jeté les bases du ton et du style de la série.

1 – Je reviens tout de suite

(2×01 Adresse : Owen Harris ; Scénario : Charlie Brooker)

Je reviens tout de suite est un de ces chapitres Black Mirror qui a tout pour plaire : un message sur la technologie, une histoire de pure science-fiction et aussi beaucoup d’âme et de sentiment. Il sait comment voir les optimistes et les pessimistes dans ce futur proche. Lost Love prend la forme d’un androïde charismatique dans cet épisode, qui met également en scène deux protagonistes solvables comme Hayley Atwell (Agent Carter de l’univers Marvel) et l’omniprésent Domhall Gleesson, qui est passé d’androïde à amoureux dans Ex-Machina. Il n’y a aucune chance que ça ne fasse pas mal.

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