Catherine 1 février 2019

L’euthanasie est la pratique qui aide une personne en phase terminale à bien mourir, en évitant la souffrance physique, c’est-à-dire la douleur, et en accélérant la fin. Cela n’a rien à voir avec une pratique appelée eugénisme, qui utilise les progrès de la biologie pour améliorer la race.

La confusion entre les deux concepts peut dans certains cas être due à l’ignorance

Mais lorsqu’elle est produite dans des messages lancés par des institutions comme l’Église catholique ou par des partis politiques, elle est due à une intention claire de discréditer les premiers en cherchant à discréditer et à criminaliser ceux qui l’appliquent.

Au début du XXe siècle, une variante du darwinisme social s’est développée dans le monde entier, cherchant à résoudre les problèmes de délinquance ou de déviations psychiques par la castration des individus. Aux Etats-Unis, en Angleterre, en Australie, de nombreuses personnes ont été castrées pour empêcher la propagation de comportements dangereux, mais aussi de déficiences mentales. Le prestige de telles actions atteignit un tel sommet que même dans certaines fractions de l’anarchisme, des formules eugéniques furent pariées pour améliorer les futurs individus.

 

En Allemagne, lorsque le nazisme atteint son apogée, le pari sur l’eugénisme atteint son paroxysme. En 1940, un programme appelé Aktion4 a commencé à expérimenter avec des êtres humains, des malades mentaux aux gitans, en passant par les communistes et les homosexuels, qui ont toujours fini par éliminer des sujets. On estime que 250 000 individus ont été exterminés en quelques années par les indications des scientifiques nazis. En 1941, un évêque allemand, Clemens von Galen, osa de sa chaire dans la ville de Münster pour dénoncer cette pratique sauvage. Il a risqué sa vie pour le faire, mais il ne pouvait l’éliminer ; son geste courageux n’a obtenu qu’une petite victoire, qui consistait à rendre les nazis plus discrets. Les nazis ont tenté de semer la confusion dans l’opinion en qualifiant leur politique d’extermination d’euthanasie.

 

Manœuvre de confusion

Aujourd’hui, en Espagne, 70 ans plus tard, les évêques espagnols, accompagnés d’une foule réactionnaire enthousiaste, ne risquent pas leur vie pour effectuer une manœuvre aussi sale que celle de confondre une chose avec une autre. Comme l’a fait l’appareil politique de l’ancien ministre de la Santé de la Communauté de Madrid, Manuel Lamela, si nous parlons d’euthanasie, c’est-à-dire d’appliquer la science aux soins palliatifs pour réduire la souffrance des sans-abri, ils la définissent comme eugénisme.

On nous dit qu’il s’agit d’éliminer des gens à diverses fins, par exemple pour réduire les dépenses de santé ou, au comble de l’absurdité, pour tuer des gens pauvres sans défense afin de contrevenir aux lois de Dieu et de la nature.

L’action exemplaire de Clemens von Galen n’a pas été poursuivie par l’Eglise européenne dans la lutte contre la grande opération eugénique que fut l’élimination massive des juifs. Encore moins par l’Église espagnole, qui n’a pas non plus tenu compte de l’action de l’évêque de Münster, afin que Franco ne soit pas mécontent d’Hitler.

 

Ni l’euthanasie n’est eugénique, ni Rouco Varela Von Galen.

 

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